| Lozère pittoresque |
| Caractères, murs, etc. |
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Vivant au milieu d'après montagnes, dans une contrée pauvre et aride, exposés aux atteintes d'un climat vigoureux, les cultivateurs de la Lozère ont nécessairement des murs agrestes, des habitudes rudes et grossières. Néanmoins leur caractère est bon et simple. Ils sont naturellement doux et mêmes affables envers les étrangers, paisiblement soumis aux autorités qu'ils respectent, remplis de vénération et de dévouement pour leurs parents qu'ils aiment. Leur vie est laborieuse et pénible ; la plupart ont à lutter contre la stérilité naturelle du pays qui les environne. Leur nourriture est simple et frugale : elle se compose de laitage, de beurre, de fromage, de lard, de vache salée, de légumes secs, de pain de seigle. Ils y joignent des pommes de terre ou des châtaignes. Leur boisson habituelle est l'eau de source ; mais on les accuse d'aimer le vin et de se laisser aller à l'ivrognerie quand les foires ou d'autres occasions les conduisent dans les villages où se trouvent des cabarets. Leurs habitations, généralement basses et humides sont incommodes et malsaines. Les trous à fumiers qui les avoisinent répandent à l'entour des miasmes putrides. Les cultivateurs sont fort attachés à leur religion, et grands amateurs de cérémonies religieuses tous catholiques et protestants, ont un égal respect pour les ministres de leur culte. Ils conservent aussi avec ténacité leurs vieilles habitudes, tiennent à leurs préjugés, à leur routine agricole, au costume grossier qu'ils portent depuis leur enfance. Ils sont peu empressés de changer, même quand leur intérêt doit profiter du changement. Leur lenteur, leur apathie et leur indifférence, suffisent pour faire avorter tous les projets d'améliorations. Les jeunes gens ont un grand attachement pour leur village. Ils se soumettent avec répugnance à la loi qui les astreint au service militaire, et le département est un de ceux où l'on compte le plus de retardataires ; néanmoins, lorsqu'ils ont rejoint le bataillon, ils se montrent soldats intrépides et disciplinés. Ils sont d'ailleurs très propres aux fatigues de la guerre, étant d'une constitution forte et d'un robuste tempérament. Les habitants des villes ont naturellement plus d'aménité dans le caractère que les habitants des campagnes ; comme eux ils sont économes et laborieux, et cependant hospitaliers et charitables. Deux des prix de vertu que l'Académie française a distribués en 1832 et 1833, ont été décernés à des dames du département. Les habitants de la Lozère ont généralement de l'intelligence, de l'esprit naturel et un jugement sain. Ils cultivent peu les lettres et les arts ; mais ils réussissent assez bien dans l'étude des sciences naturelles et mathématiques. |
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Celui de 1833 était de 5,000 fr et fut donné à madame Guiraud (née Suzanne Géral), femme du concierge de la maison d'arrêts de FIorac. "Entreprendre de raconter tous les actes de charité de cette vertueuse femme, dit l'Académie, serait faire l'histoire entière de sa vie ; il faudrait dire combien de fois elle se dépouilla de ses vêtements pour en couvrir des prisonniers réduits dénuement le plus absolu, et des pauvres infirmes dont les haillons tombaient en lambeaux : combien de fois elle leur distribua les aliments préparés pour sa propre nourriture et celle de sa nombreuse famille ; il faudrait la suivre, lorsqu'elle n'avait plus rien à donner, dans les maisons particulières où elle allait mendier pour ses malheureux pensionnaires, le denier de l'aumône et le pain de la pitié." |