Lozère pittoresque
Histoire naturelle
Fossiles

Quelques localités du département renferment des fossiles. On en trouve une grande quantité dans la commune de Barjac. M. Ignon fils (de Mende) y a découvert plusieurs ammonites non déterminés et des dépouilles d'ictyosaurus.

Règne animal

Le département renferme peu de chevaux et un plus grand nombre de mulets. Les moutons y sont petits, mais produisent une laine douce et fine.

Les bêtes à cornes, quoique également de petite taille, y sont vigoureuses.

Des sangliers, des cerfs et des chevreuils peuplaient autrefois les forêts ; à peine y rencontre-t-on aujourd'hui quelques chevreuils : on y trouve des lièvres et des lapins en quantité ; des blaireaux en petit nombre ; mais les renards sont plus communs.

Les vastes forêts des montagnes donnent asile à des loups de grande taille et très féroces.

C'est de ces forêts et de cette race de loups que sortit, dans le siècle dernier, la fameuse bête du Gévaudan.

On a détruit, en dix ans, de 1821 à 1830, 515 loups et louveteaux, dans ce nombre se trouvaient 52 loups et 61 louves dont 9 pleines.

Le dogue ou chien de parc est de la plus belle race, et sa force égale son ardeur pour la chasse des animaux sauvages et la défense des troupeaux.

Parmi les oiseaux de proie on remarque l'aigle royal.

Le gibier ailé est abondant. On y trouve le pluvier doré, la sarcelle, les perdrix, les grives, les cailles, les bécasses, etc.

Enfin les rivières et les lacs fournissent des truites et des anguilles excellentes.

Règne végétal

La Flore du département est assez riche. On y trouve surtout ces plantes vénéneuses qu'on a su métamorphoser en remèdes efficaces, telles que la ciguë, la jusquiame, le napel, le colchique, la douce-amère, la flammule, la pulsatile, la digitale pourprée et l'arnica ; le nombre de plantes usuelles en médecine ou dans les arts, qui se trouvent dans le département, s'élève à environ 800.

La garance, l'herbe aux tanneurs (coriara myrtifolia), le genêt des teinturiers (genista tinctoria), la parelle y croissent spontanément.

Le tabac, lorsque la culture en était permise, prospérait dans les montagnes d'Aubrac.

Règne minéral

Le département possède des richesses minérales et métalliques qui pourraient être l'objet d'exploitations en grand à l'instar de celles du Hartz en Westphalie et de Freyberg en Saxe.

On y exploite du plomb argentifère, du cuivre, de l'antimoine, de la litharge, de l'alquifoux, du marbre, du porphyre, du granit et du gypse. La mine de plomb argentifère de Vialas produit de 7 à 800 grammes d'argent par quintal métrique de plomb. Il existe dans le pays des mines de fer et de houille, qui ne sont pas exploitées, de la manganèse, du kaolin, etc. On y trouve des carrières de jais, des cristaux de gypse, des saphirs, etc.

Après les grandes pluies, le Gardon et la Cèze roulent des paillettes d'or. - Le pic de Muret offre des traces d'un ancien volcan.

Eaux minérales

Le département compte un grand nombre de sources minérales (froides et acidules) et de sources thermales. Les premières se trouvent à Sarrons, près Saint-Chely, à Saint-Pierre, près le Malzieu, à Javols, à Colagne, au Mazel-Chabrier, au Mazel-de-Laubies au roc de Saint-Amans à Laval-d'Auroux, à LavaI-d'Atger, à Quezac, à Ispagnac, à Florac, etc. L'analyse chimique range ces diverses eaux parmi les eaux gazeuses et martiales. Elles contiennent toutes de l'acide carbonique, et sont apéritives et toniques.

Saint Léger-de-Peyre possède plusieurs sources d'eau cuivreuse que les habitants regardent comme purgatives et qui causent à ceux qui en boivent quelques verres de violents vomissements. Les eaux thermales et sulfureuses de Bagnols-les-Bains sont depuis longtemps connues.

On a créé, il y a peu d'années, un établissement thermal à La Chaldette, commune de Brion, arrondissement de Marvejols. Les eaux y sont d'une nature analogue à celles de Bagnols.