| Lozère pittoresque |
| Histoire |
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Un peuple, que César nomme les Gabali et Strabon les Gabales, habitait, à l'époque de la conquête romaine, le pays qui forme aujourd'hui le département de la Lozère. Ce pays fut compris par Auguste dans l'Aquitaine. Gabalum, ancienne cité des Gabales, qui avait pris sous les Romains le nom d'Anderitum, était, vers l'an 250, devenue le siége d'un évêché relevant alors de la métropole de Bourges. Les Visigoths qui s'étaient emparés du pays, à la décadence de l'empire romain, en furent chassés par Clovis. On voit dans Grégoire de Tours que ce pays s'appelait alors Terminus gabalitanus ou Regio gabalitana. Les écrivains du moyen-âge le nommèrent Pagus gavaldanus. Ce dernier mot a formé par la suite le nom moderne de Gévaudan. Quelque écrivains, grands amateurs d'étymologies, prétendent que c'est de l'ancien nom des Gabales que les Espagnols ont formé le mot Gavacho, par lequel ils désignent quelquefois les Français, et que ce sobriquet injurieux fut d'abord appliqué par eux aux habitants du Gévaudan qui, placés dans des cantons stériles, étaient obligés de s'expatrier et d'aller gagner leur vie en Espagne, où ils s'occupaient de toute espèce de travaux. Le Gévaudan eut, sous les rois Francs et sous les Carlovingiens, des comtes particuliers, qui se rendirent héréditaires dans le Xe siècle. On voit au XIe siècle qu'un certain Gilbert, qui épousa Tiburge, comtesse de Provence, se qualifiait de comte du Gévaudan. Ce Gilbert eut une fille qui fut mariée à Raymond Béranger, comte de Barcelonne, et lui apporta tous ses droits sur le Gévaudan, le Carladès, etc. La domination des comtes de Barcelonne, sur le Gévaudan, fut l'occasion de discussions graves avec l'évêque de Mende, qui se disait aussi seigneur et comte du pays. Un de ces évêques, Adelbert, alla, en 1161, trouver Louis-le-Jeune pour lui faire hommage du Gévaudan et lui prêter serment de fidélité ; on conçoit qu'il fut bien accueilli par le Roi qui s'empressa de le reconnaître comme seigneur du Gévaudan, et lui céda même les droits régaliens. Néanmoins, les comtes de Barcelonne continuèrent à jouir de la seigneurie directe du Gévaudan, où ils possédaient le château de Gredon (Grèze), forteresse inaccessible, située sur un roc escarpé. En 1225, Jacques, roi d'Aragon et comte de Barcelonne se décida à céder le château de Grèze et le Gévaudan à l'évêque et a chapitre de Mende ; mais il y a lieu de croire qu cette cession ne regardait que le titre seigneurial et que Jacques se réservait le domaine utile, puisque, par une transaction passée en 1255 avec Saint Louis, le roi d'Aragon renonça alors, non seulement à ses droits sur la terre de Grèze, mais encore à tous ceux qu'il avait sur le Gévaudan. L'évêque de Mende conserva la souveraineté du pays jusqu'en 1306 ; à cette époque, et pour mieux s'assurer la possession du reste, il en céda la moitié au roi Philippe-le-Bel, qui lui accorda le titre de comte du Gévaudan. On ignore l'époque précise où s'opéra la réunion du Gévaudan au Languedoc, dont il a depuis partagé toutes les vicissitudes. Le Gévaudan était divisé en pays haut et pays bas par la rivière du Lot. |
| Etats du Gévaudan |
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Le Gévaudan avait, avant la révolution de 1789, des états particuliers qui, chaque année, s'assemblaient alternativement dans la ville de Mende et dans celle de Marvejols. L'évêque de Mende en était président ; il y venait assisté de son grand-vicaire, qui n'y avait ni rang ni voix délibérative, mais qui présidait en l'absence de l'évêque. L'assemblée était composée de 7 représentants du clergé, 20 de la noblesse et 22 du tiers-état, total 50 membres y compris l'évêque président. Les représentants du clergé étaient : un chanoine, député du chapitre de Mende, le dom d'Aubrac, le prieur de Sainte-Enimie, le prieur de Langogne, l'abbé de Chambons, le commandeur de Palhers et le commandeur de Gap-Francès ; Ceux de la noblesse : huit barons, qui entraient annuellement aux Etats du pays, et par tour, de huit en huit ans, aux états généraux du Languedoc ; savoir : les barons de Tournel, du Roure, de Florac, de Briges (auparavant de Mercoeur), de Saint-Alban (auparavant Conilhac); d'Apchier, de Peyre, de Thoras (auparavant Senaret) ; Douze gentilshommes, possesseurs de terres ayant le titre de gentilhommeries ; savoir : Alleux, Montauroux, Dumont, Montrodat, Mirandol, Séverac, Barre, Gabriac, Portes, Servièrès, Arpajon et la Garde-Guérin. Le possesseur de cette dernière terre prenait, dans l'assemblée, la qualité de consul noble de la Garde-Guérin. Ces barons et gentilshommes pouvaient se faire représenter par des envoyés, qui n'avaient pas à faire preuve de noblesse; il suffisait qu'ils fussent d'un état honorable, tel que celui d'avocat ou de médecin. Lorsqu'il n'y avait point de baron dans l'assemblée, les gentilshommes qui assistaient en personne étaient à la tête du corps de la noblesse ; Enfin, les députés du tiers-état étaient : les trois consuls de Mende, soit que les états se tinssent à Mende ou à Marvejols ; les trois consuls de Marvejols, quand les états se tenaient à Marvejols ; et seulement le premier consul, quand ils s'assemblaient à Mende, un député de chacune des seize villes ou communautés. Les officiers du pays étaient le syndic et le greffier institués ou confirmés chaque année par l'assemblée générale. A Marvejols un bailli et des officiers royaux, a Mende, un bailli et des officiers nommés par l'évêché, administrait alternativement la justice du bailliage de Gévaudan. Ces deux baillis étaient alternativement aussi commissaires ordinaires dans les assemblées du pays. |