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Le patois de la Lozère participe du patois auvergnat
et du Languedocien. - On y trouve un grand nombre de termes espagnols.
La prononciation de quelques mots d'origine latine ou française
y est même espagnole ; ce qui s'explique par les relations des anciens
habitants du pays avec les peuples de l'Espagne.
Toutes les fois que, dans un mot, les consonnes ch sont
précédées d'une voyelle, on prononce comme s'il y
avait tch.
Ce patois est en usage parmi les habitants des campagnes
et les ouvriers des villes. Il a de la grâce, de la vivacité,
et se prête aux façons de parler énergiques et à
l'expression des pensées caustiques et spirituelles. Les habitants
qui parlent français conservent dans leur langage l'accent particulier
aux peuples du midi.
Pour donner une idée du patois de la Lozère,
nous allons citer quelques versets d'une traduction de la parabole de
l'Enfant prodigue.
| Un omé abiou dous fils. |
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Un homme avait deux fils. |
| Lou pu geouve d'aquélei diguéti à
soun pero : |
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Le plus jeune dit à son père : |
| "Moun pero, douno mi la part del bè ché
(prononcez qué), mi deou veni" |
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"mon père, donnez-moi ce qui doit me revenir
de votre bien." |
| Ensi Iou pero li diviset soun bè. |
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Et leur père leur fit le partage de son bien. |
| Paou de geours après, aquestè pu geouve
fil amasset tout aquo siou, s'en anét din un peïs éloignat
é y dissipét tout soun bè en viven din la débaucho
(prononcez dèbaoutcho) |
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Peu de jours après, le plus jeune de ces deux
fils ayant amassé tout ce qu'il avait, s'en alla dans un pays
éloigné, où il dissipa tout son bien en débauches. |
| Après qu'aguét tout despensat arribét
uno grando famino dia aquel peïs e el commencét d'éstrè
din l'endigenco. |
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Après qu'il eut tout dépensé,
il survint une grande famine dans ce pays-là, et il commença
à tomber en nécessité. |
| Alors s'en anét é si méteguét
al servissé d'un des abitants d'aquel peïs, che Iou mandét
din sas possessions, per faire paissé lous pouors. |
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Il s'en allait donc, et s'attacha au service d'un des
habitants du pays, qui l'envoya dans sa maison des champs pour y garder
les pourceaux. |
| E aouvio bè bougut si rassasia de carrongeos
che Ious pouors mangeabou ; mè persouno noun l'en dounabo. |
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Et là, il eut été bien aise de
remplir son ventre des cosses que les pourceaux mangeaient ;
mais personne ne lui en donnait. |
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