| Lozère pittoresque |
| Villes, bourgs, châteaux, etc. |
| Mende |
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MENDE, sur la rive gauche du Lot, chef-lieu de préf. à 141 lieues S. de Paris (distance légale. - on paie 69 postes 3/4). 5,822 hab. Cette ville n'était autrefois qu'un petit bourg (Viculus Mimatensis). Saint Privat, évêque de Javols, qui, après le sac de cette ville par les Vandales, s'était réfugié dans une grotte voisine de ce bourg, en fut tiré par les Barbares et martyrisé à Mende même. Après le départ des Vandales, on bâtit une église sur le lieu où le saint avait été enterré. Les miracles qu'opérèrent, dit-on, ses reliques, y attirèrent une grande affluence du peuple et insensiblement il se forma à l'entour une ville où fut transféré le siège de l'évêché du Gévaudan. Mende eut à souffrir an XVIe siècle des guerres de religion ; elle renfermait alors plusieurs couvents dont les richesses attirèrent les calvinistes, qui mirent la ville à contribution. L'histoire rapporte qu'ils emportèrent des églises de Mende plus de 280 marcs d'argent en vases sacrés et en reliquaires. A cette époque la grosse cloche de la cathédrale fut fondue pour faire des canons. Les évêques de Mende eurent pendant longtemps le droit de battre monnaie ; ils étaient seigneurs hauts justiciers de la ville ; mais en 1306 ils partagèrent leur souveraineté avec les rois de France. Mende est agréablement situé sur le bord du Lot, dans un vallon entouré de montagnes d'où coulent de nombreux ruisseaux qui arrosent et fertilisent les jardins des bastides éparses autour de la ville. Ces petites maisons de campagne toutes éclatantes de blancheur, les prairies et les vergers dont elles sont entourées, offrent un aspect des plus agréables. La ville est entourée d'un petit boulevard qui sert de promenades, mais ses rues sont mal percées, étroites et tortueuses ; elle renferme un assez grand nombre de fontaines publiques, parmi lesquelles ont remarque celle du Griffon. L'enceinte de Mende est de forme triangulaire. Toutes les toitures des maisons sont en ardoises. La cathédrale est une église gothique qui n'est remarquable que par ses deux clochers dont l'un passe pour un chef-d'uvre de délicatesse et d'art. L'ancien palais épiscopal devenu l'hôtel de la préfecture, renferme une belle galerie et un beau salon, dont les plafonds sont enrichis de bonnes peintures par Besnard. Mende possède une bibliothèque publique riche de 6,600 volumes. Sur la pente rapide et dépouillée du Mont-Mimat, qui a donné son ancien nom (Mimate) à la ville, se trouve l'ermitage de Saint Privat, taillé en partie dans le roc. Cet ermitage est à 200 mètres au-dessus de la ville, élevée elle même de 690 mètres au-dessus du niveau de la mer. La hauteur absolue du Mont-Mimat est d'environ 1,100 mètres. |
| Bagnols |
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BAGNOLS, à 3 lieues E. de Mende. Pop. 398 hab. Le village de Bagnols est bâti en amphithéâtre dans un terrain schisteux et pyriteux qu'environnent et que surmontent des masses calcaires. Il doit son origine à une source d'eau thermale qui sort d'une grande voûte au bas du village, et qui fournit 172 mètres cubes d'eau, par 24 heures. L'établissement thermal renferme huit baignoires et deux piscines ; l'eau est à 45 degrés centigrades ; elle est d'une couleur légèrement opaline et contient du muriate de magnésie et du sulfate de chaux ; on l'emploie contre les rhumatismes et les paralysies ; on l'administre en bains, en douches et en boissons. On fait aussi un très grand usage des étuves. |
| Châteauneuf-Randon |
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CHATEAUNEUF-RANDON, ch-l.de cant., à 6 lieues N.-E.de Mende. Pop. 607 hab. Cette petite ville, située sur une montagne, était autrefois fortifiée et fut jusqu'à la fin du XVIIe siècle le siège d'une des baronnies du Gévaudan. Châteauneuf était défendu par le château de Randon, dont on y voit encore les ruines et qui lui a donné son surnom. Il doit sa célébrité au siège que les Anglais y soutinrent en 1380, contre le fameux connétable Duguesclin. Le gouverneur avait promis de se rendre dans 15 jours s'il n'était pas secouru ; dans l'intervalle, Duguesclin tomba malade, et sentant sa fin prochaine, embrassa les vieux capitaines qui l'entouraient et leur recommanda en mourant de ne point oublier qu'en quelque pays qu'ils fissent la guerre, les gens d'église, les femmes, les enfants et le pauvre peuple n'étaient point leurs ennemis ; il mourut le lendemain. Le maréchal de Sancerre s'avança sur les bords du fossé de la ville assiégée, et somma le gouverneur de rendre la place, ainsi qu'il l'avait promis ; le gouverneur répondit qu'il avait donné sa parole à Duguesclin, et qu'il ne la rendrait qu'a lui. Alors Sancerre avoua que le connétable n'était plus : "Et, bien ! reprit le gouverneur, je porterai les clefs de la ville sur son tombeau". Sancerre revint tout préparer pour cette cérémonie extraordinaire. On ôta de la tente du héros tout ce qu'elle renfermait de lugubre : son cercueil fut placé sur une table couverte de fleurs. Bientôt on vit le gouverneur de Châteaneuf-Randon sortir de la place à la tête de sa garnison ; il traversa l'armée au bruit des trompettes, et arriva dans la tente de Duguesclin : les principaux officiers de l'armée, debout et silencieux, y étaient rassemblés. Le gouverneur se mit à genoux devant le corps du connétable et posa les clefs sur son cercueil ! La route de Mende au Puy passe au pied de la montagne au sommet de laquelle s'élève Châteauneuf-Randon ; sur cette route, au hameau de la Bitarelle, on a construit, an 1820, un monument à Duguesclin. |
| Estables |
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ESTABLES, à 3 lieues N. de Mende. Pop. 650 hab. C'est prés de la commune d'Estables que se trouve le plus haut plateau granitique du pays ; c'est une ramification de la Margeride ; il y a environ 1,550 mètres au-dessus de la mer : on le nomme le Palais du Roi, sans doute parce qu'on remarque dans le voisinage les ruines d'un ancien château qui a appartenu aux rois d'Aragon. |
| Grandrieu |
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GRANDRIEU, ch.-l, de cant., à 9 lieues de Mende. Pop. 1,462 hab. On remarque à Grandrieu une tour carrée qui a servi a la détermination des triangles de la carte de Cassini. La belle route militaire ouverte par Agrippa, qui conduisait de Lyon en Auvergne, dans l'Aquitaine et en Espagne, traversait le territoire de Grandrieu. On en voit encore quelques vestiges bien conservés dans divers hameaux de cette commune. |
| Langogne |
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LANGOGNE, sur la rive gauche de l'Allier, ch -l. de cant., à 11 lieues N.-E. de Mende. Pop. 2,720 hab. cette ville, placée sur un des plateaux les plus élevés du département, est située a peu de distance de la source de l'Allier ; elle doit son origine à un monastère fondé dans le Xe siècle par un des vicomtes du Gévaudan, monastère dont la vieille église subsiste encore et sert d'église paroissiale. Langogne a été pendant la Révolution, le chef-lieu d'un district et le siège d'un tribunal. On remarque, dans ses environs, sur le Mont-Milan, les vestiges d'un camp romain. |
| Lanuejols |
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LANUEJOLS ou LANOUGEOLE, à 2 lieues E. de Mende. Pop. 650 hab. Un monument romain, le mieux conservé et le plus considérable de tous ceux du Gévaudan, se trouve à l'entrée de ce village. Divers auteurs l'ont mal à propos désigné comme le mausolée Munatius Plancus, fondateur de Lyon, dont le tombeau existe, suivant l'itinéraire de Vaysse de Villiers, à Gaëte, dans le royaume de Naples. L'architecture du monument de Lanuejols, indique un monument du IIIe siècle. C'est un quadrilatère dont chaque côté est tourné vers un des points cardinaux : les faces extérieures ont une largeur de 6 mètres 75 centimètres, chaque angle est décoré de pilastres d'ordre corinthien ; l'ordonnance générale de l'édifice offre quatre portiques diversement décorés. Plusieurs anciens châteaux existent sur le territoire de Lanuejols ; on remarque le château du Boy et les ruines de celui de Chapieu, qui appartenaient à l'ancienne maison de Châteauneuf-Randon, de laquelle sont sorties celles de d'Apchier et de Joyeuse. |
| Laubies (Les) |
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LAUBIES (LES), sur la Trueyre, à 6 lieues N. de Mende. Pop. 721 hab. Il existe, dans un des villages qui dépendent de cette commune, au Mazel, une source d'eau minérale acidule, estimée presque à l'égal de celle de Vals (Ardèche), et qui, depuis quelque années, attire sur les lieux un grand nombre de buveurs. |
| Naussac |
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NAUSSAC, à 11 lieues N.-E. de Mende, Pop. 409 h. On voit dans cette commune les ruines du château de Naussac, qui dépendait autrefois de l'abbaye des Chambons. L'héroïque évêque de Marseille, Belzunce, qui était aussi abbé des Chambons, venait souvent, pendant la belle saison, habiter ce château ; ce fut là qu'en 1722, après la peste de Marseille, il se retira pour respirer un air frais et pur. Le lieu élevé où Naussac est situé se nomme dans le pays le Rognon des Montagnes de la Lozère. |
| Saint-Amans |
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SAINT-AMANS, ch.l. de cant., à 5 lieues N. de Mende. Pop. 323 hab. Ce village, où est placé le premier relais de la poste de Mende à Saint-Flour, renferme sur son territoire à la Cham de la Roche, le point le plus élevé de cette route, se trouve à 1,328 mètres au-dessus du niveau de la mer. Saint-Amans est placé au milieu des montagnes ; ses maisons y sont toutes bâties en granit. Le pays environnant offre beaucoup de genêts et de pâturages mêlés de masses granitiques, est sillonnés par des ruisseaux, des torrents et des cascades. La route serpente à travers les montagnes, à une hauteur de 800 à 1,000 mètres au-dessus du niveau de la mer. |
| Saint-Julien-du-Tournel |
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SAINT-JULIEN-DU-TOURNEL, sur la rive gauche du Lot, à 5 lieues E. de Mende. Pop. 1,133 hab. cette ville tire son origine et son nom d'un ancien château appartenant à une des plus illustres maisons de France au XIIe et au XIIIe siècle, dont était membre le chevalier Guérin, évêque de Senlis et chancelier de France, qui, en 1214, commandait, à Bovines, l'armée de Philippe-Auguste. Le château de Tournel était une des huit baronnies du Gévaudan. Des mines de plomb qui ont été anciennement exploitées existent sur le territoire de Saint-Julien ; on y voit encore les restes des fonderies qu'y avaient établies les Sarrasins. |
| Villefort |
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VILLEFORT, sur la Devèze, ch.-l. de cant., à 11 lieues E. de Mende. Pop. 1,516 hab. cette ville est fort ancienne et doit son origine à des mines de plomb argentifère et de cuivre qui y sont exploitées depuis environ 70 ans. Elle est située au pied de la montagne de la Lozère, dans un vallon étroit, arrosé par la petite rivière de la Devèze. Elle faisait autrefois partie du diocèse d'Uzès. Pendant la Révolution, elle fut le chef-lieu d'un district et le siège d'un tribunal, son importance actuelle dépend entièrement de l'exploitation de ses mines et de son commerce, car, étant située sur les limites du département et près des confins des départements du Gard et de l'Ardèche, elle est la ville de transit des vins, des soies, des sels, des houilles, des blés, des farines et des châtaignes, que les habitants de l'Ardèche et du Gard échangent avec ceux de la Loire, de la Haute-Loire, du Puy-de-Dôme, etc. |
| Florac |
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FLORAC, sur la rive gauche du Tarnon, ch-l. d'arrond., à 9 lieues S.-S.-E. de Mende. Pop. 2,194 hab. cette ville est ancienne ; elle doit son origine à un ancien château qui avait le titre de baronnie. Elle est agréablement située, sur la rive gauche du Tarnon, près de son confluent avec le Tarn et la Mimente, dans un étroit vallon couvert de prairies et parsemé d'arbres fruitiers, les coteaux qui le dominent sont plantés de vignes, surmontés à l'est par des châtaignier et des chênes, et à l'ouest par une chaîne de rochers élevés, présentant à leur base une crevasse pittoresque d'où jaillit une source limpide et abondante qui traverse la ville, où elle forme deux beaux bassins tombant en cascades l'un dans l'autre, et dont les eaux font mouvoir plusieurs moulins avant de se mêler avec celles du Tarnon. Florac ne se compose guère que d'une seule rue où passe la route, et d'une petite place. On considère la source de Florac comme minérale et acidule. |
| Ispagnac |
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ISPAGNAC, sur la rive droite du Tarn, à 2 lieues N.-O. de Florac. Pop. 1,885 hab. ce bourg très agréable est bâti dans un joli vallon, sur les bords du Tarn. On y voit quelques constructions particulières remarquables. Si l'on devait ajouter foi au Dictionnaire Universel de la France, il existerait, dans les environs, une mine de plomb argentifère assez riche, puisqu'elle donnerait 33 livres de plomb et 8 onces d'argent par quintal de minerai. La route de Mende à Florac passe par Ispagnac, et traverse le plateau calcaire et aride qui sépare le bassin du Tarn de celui du Lot ; cette haute plaine porte le nom de Causse de Sauveterre ; privée d'arbres, de ressources et presque de terre végétale, elle est frappée d'une affreuse stérilité qui n'a permis à aucune habitation de s'y établir. On trouve seulement, à un quart de lieue, sur la gauche de la route, dans un petit enfoncement, le Fressinet, misérable hameau où le relais de poste est placé. La Causse de Sauveterre a une largeur d'environ 3 lieues, et est élevée de 975 mètres au moins au-dessus de la mer. Le froid, la neige et les tourmentes en rendent quelquefois le trajet périlleux ; dans des hivers rigoureux, des voyageurs y sont morts. |
| Meyrueis |
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MEYRUEIS, ch.-l. de cant., à 6 lieues S.-O. de Florac. Pop. 2,092 hab. on voit, dans le flanc d'une colline, près de cette ville, trois grottes dont la première n'est remarquable que par un grand arceau naturel, si régulier, qu'il semble tracé par un architecte. Les deux autres sont plus grandes et renferment un grand nombre de stalactites variées de diverses couleurs. S'il faut en croire la description qu'en a donnée un académicien de Béziers, on trouve, dans leur forme fantastique, des représentations d'animaux terrestre, d'oiseaux, d'arbres, de fleurs, de fruits, ainsi que des statues, des pyramides, des colonnes, etc. Il existe, aux environs de Meyrueis, des mines de houille non exploitées. |
| Quezac |
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QUEZAC, sur la rive gauche du Tarn, à 2 lieues N.-O. de Florac. Pop. 1,241 hab. ce bourg, déjà ancien, doit sans doute son origine à une source d'eau minérale froide et acidule qui depuis longtemps possède une grande réputation dans le Gévaudan et dans les pays environnants. On y remarque un pont gothique sur lequel est bâtie une chapelle, et qui a été construit aux frais du pape Urbain V, natif du village de Grisac, près Florac. |
| Sainte-Enimie |
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SAINTE-ENIMIE, sur la rive droite du Tarn, ch.-l, de cant., à 5 lieues O. de Florac. Pop. 1,219 hab. cette petite ville est située au milieu de montagnes hautes et escarpées ; elle est très ancienne et doit son nom a un monastère de religieuses de l'ordre de Saint-Benoît qui, d'après une ancienne légende, aurait été fondé dans le VIIe siècle, par la princesse Enimie, fille de Clotaire II, fils de Chilpéric. Cette légende est assez curieuse : elle rapporte qu'Enimie, également belle et vertueuse, avait résolu de se consacrer à Dieu, qu'elle pria, son père voulant la marier, de la rendre si difforme que personne ne voulut l'épouser ; sa prière fut exaucée, et une lèpre affreuse couvrit son corps et son visage ; quelques temps après, ayant désiré être guérie, il lui fut révélé qu'elle ne trouverait sa guérison que dans les eaux d'une source, la Burle, qui se jette dans le Tarn, près du lieu où est aujourd'hui Sainte-Enimie. La princesse arriva à cette source après bien des fatigues et fut guérie ; mais toutes les fois qu'elle voulait sortir du vallon, la lèpre lui revenait. Enimie crut que Dieu lui ordonnait de passer ses jours dans cette solitude et y fonda un monastère dont elle devint l'abbesse ; elle ne quitta plus le cloître que pour aller prier dans une grotte qui existe encore et sur laquelle on a, par la suite, bâti une chapelle en son honneur. Deux siècles après la mort d'Enimie, les religieuses du monastère qu'elle avait fondé, tombèrent dans un si grand relâchement, que l'évêque de Mende se cru obligé de les remplacer par des bénédictins tirés du monastère de Saint-Chaffre, près du Puy. L'acte de donation du monastère de Sainte-Enimie, à l'abbaye de Saint-Chaffre, fut passé à Rome, dans le IXe siècle, devant le tombeau de Saint-Pierre et en présence du pape Agapet. |
| Saint-Prejet |
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SAINT-PREJET, sur la rive gauche du Tarn, à 10 lieues O. de Florac. Pop. 394 hab. Les rives du Tarn présentent un grand nombre de sites sauvages et pittoresques. On y remarque surtout le Pas du Souci, auprès de Saint-Prejet où deux montagnes rapprochées à leurs sommets semblent inviter un hardi ingénieur à les réunir par un pont qui se trouverait placé a six cents mètres d'élévation. Les eaux de la rivière s'engouffrent au-dessous entre deux énormes rochers appelés l'un Roc-Sourde, et l'autre Roc-Aiguille et contenues par ces digues gigantesques, suivent leur cours avec un mugissement que les échos augmentent et font retenir au loin. |
| Marvejols |
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MARVEJOLS, sur la rive droite de la Colagne, ch.-l. d'arron., à 7 lieues O.-N.-O. de Mende. Pop. 3,885 hab. Cette ville est située dans un vallon riant, arrosée par la Colagne affluent du Lot ; c'est une ville très ancienne et qui eut de l'importance à l'époque des guerres contre les Anglais. Les habitants se signalèrent alors tellement, que Charles V, en faisant de leur cité le siège d'un justice royale, leur accorda trois consuls dont le premier eut entrée aux Etats-Genéraux du Languedoc, pour le diocèse de Mende. Les armes de Marvejols étaient, à cette époque, un château d'argent ; le Roi Charles VII y ajouta au-dessus de la maîtresse tour, une main armée, tenant une fleur de lis d'or, et ce à cause des services que les habitants avaient rendus à l'Etat, guerris durantibus, ainsi s'exprime la charte. Marvejols a beaucoup souffert pendant les guerres civiles et religieuses. En 1586 le duc de Joyeuse, commandant l'armée de Henri III. s'en empara, la pilla, la brûla et en fit raser les murailles. Six ans après elle fut rebâtie : Henri IV encouragea sa reconstruction par ses bienfaits. Ce désastre servit du moins à l'embellissement de la ville, qui est maintenant régulière, bien bâtie et bien pavée, et décorée de plusieurs fontaines ; on y voit une assez belle place ornée aussi d'une fontaine avec deux bassins. Les eaux de la Colagne passent pour bonnes pour la teinture ; un canal de dérivation les conduit dans le faubourg de Barri, où elles servent à plusieurs ateliers de teinturerie et font tourner divers moulins. |
| Canourgue (La) |
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CANOURGUE (LA), sur l'Urugne, ch. l. de cant. à 4 lieues S.-S.-O. de Marvejols. Pop. 1,85 hab. Cette ville, située dans un vallon agréable et fertile, est fort ancienne ; on y voit les vestiges d'une fontaine qu'on croit de construction gauloise, et les ruines d'un ancien fort, dit fort de Saint-Amand. Des fouilles faites en 1829, dans les environs de la Canourgue, y ont fait découvrir des vases un grand nombre de débris de poterie romaine, une meule en pierre et de l'argile figuline, ce qui a fait supposer qu'il y existait, du temps des Romains, une fabrique de poterie. Cette ville possédait dans le XIe siècle, outre son église paroissiale, une abbaye dont les moines étaient mariés pour la plupart, et que, dans le but d'y rétablir la discipline réunit en 1050, aux bénédictins de Saint-Victor de Marseille. La Canourgue est depuis un temps immémorial le centre d'une fabrication de serges et d'étoffes de laine, connues sous le nom de cadis de la Canourgue. Cette fabrication donnait lieu à un commerce très étendu : les cadis de la Canourgue étaient avant la révolution, les seules doublures que l'on employât pour l'habillement des troupes. |
| Chanac |
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CHANAC, sur la rive gauche du Lot, ch. l. de cant. à 3 lieues S. de Marvejols. Pop. 1,881 hab. Le territoire qui environne cette petite ville offre plusieurs monuments druidiques, et entre autres des dolmens à l'Aumède et aux Fonds. On voit a Chanac les ruines de l'ancien Château des évêques de Mende, qui dominent un vallon assez étendu, traversé par le Lot, sur lequel on a récemment construit un beau pont en pierre. |
| Chirac |
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CHIRAC, sur la rive droite de la Colagne, à 1 lieu S.-O.de Marvejols. Pop. 1,238 hab. Le territoire de Chirac renferme aussi plusieurs monuments druidiques. Les Anglais, qui ravageaient le pays au XIVe siècle, éprouvèrent, près de cette ville, une défaite complète. Le lieu où ils furent battus porte encore aujourd'hui le nom de Cimetière des Anglais. |
| Grèzes |
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GREZES, à 4 lieues S.-E. de Marvejols. Pop. 458 hab. Grégoire de Tours fait mention du château de Grèzes, Castellum Gredonense, qui, au commencement du Ve siècle, fut attaqée inutilement par les Vandales. Saint Privat s'y était réfugié avant son martyre. Ce château devint, par la suite le chef-lieu de la vicomté de Gévaudan, qui appartint successivement au comte de Toulouse et aux rois d'Aragon. En 1617, le château de Grèzes fut pris par les protestants, et Louis XIII, en 1632 le fit démolir. On remarque près de Grèzes une grotte qui renferme des belles stalactites et stalagmites. |
| Javols |
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JAVOLS, à 5 lieues N. de Marvejols. Pop. 1,881 hab. Cette Commune, située sur le Tréboulin, et qui, comme la plupart des autres communes du département renferme un grand nombre de villages, occupe I'emplacement i'une ancienne ville gauloise (Gabalum), cité et capitale des Gabali, premiers habitants du Gévaudan. Cette ville était devenue au IIIe siècle, le siége d'un évêché ; eIIe fut saccagée par les Vandales aux Ve et VIe siècles, et entièrement détruite par les Sarrasins au commencement du VIIIe ; déjà le siège épiscopal avait été transféré à Mende. Javols n'est plus aujourd'hui qu'un simple village où l'on ne retrouve aucune trace de son ancienne splendeur ; tous les monuments dont les Romains l'avaient ornée, ayant été détruits lors de ses désastres. En 1829, en extrayant des pierre pour la restauration de l'église paroissiale, on trouva une enceinte circulaire de murailles assez vaste, formant probablement un cirque au milieu de laquelle était une colonne en pierre calcaire, dédiée, ainsi que le portait une inscription latine, par la cité des Gabales à Posthume qui, après avoir été préfet des Gaules. devint empereur en 258. Cette découverte donna l'éveil, on fit d'autres fouilles, et on reconnut les vestiges d'édifices considérables ; parmi les décombres, se trouvèrent des statuettes de dieux lares et autres, des couteaux, des médailles, des styles, des clefs, des ustensiles en bronze, des débris de poterie rouge et grise, avec des dessins en relief (représentant des feuilles, des fleurs, des sujets de chasse, etc.), des fragments de marbre précieux et de pavés en mosaïque. - Les médailles ont été déposées au musée de Mende ; elles sont de la colonie de Nismes, avec l'effigie des enfants d'Agrippa, d'Auguste, ayant au revers l'autel de Lyon, consacré à Rome et à cet empereur, par soixante nations gauloises, su confluent de la Saône et du Rhône ; de Tibère, de Claude, de Domitien, de Trajan, d'Hadrien, d'Antonin, de Marc-Aurèle et de Claude le Second dit le Gothique. |
| Malzieu (Le) |
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MALZIEU (LE) sur la Trueyre, ch.-l. de cant., à 10 lieues N.de Marvejols. Pop. 1,076 hab. Le Malzieu dépendait autrefois du duché de Mercoeur ; qui était formé de plusieurs communes situées en Auvergne et en Gévaudan, le duc était un des huit barons du Gévaudan, et avait entrée aux états du Languedoc et du pays. Le Malzieu avait une justice particulière pour toutes les communes de la baronnie de Mercoeur, qui ressortissait du parlement de Paris en vertu d'une transaction faite en 1312, entre les habitants de cette ville et le bailliage du Gévaudan. En 1573 et en 1577, les protestants assiégèrent et prirent le Malazieu ; en 1586, le duc de Joyeuse s'en empara. Cette ville a dû, de nos jours, à l'un de ses honorables citoyens, le général Brun de Villeret, l'établissement d'une fabrique de couvertures de laine qui a accru l'industrie locale. |
| Monastier |
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MONASTIER, 5 lieues S. de Marvejols. Pop. 534 hab. Ce village doit son origine et son nom à un ancien couvent de Bénédictins qui dépendait de Saint-Victor de Marseille, et dans lequel Guillaume de Grimoard, qui devint pape sous le nom d'Urbain V, avait fait son noviciat. Une partie de l'église de l'abbaye existe encore et sert de paroisse. C'est un vaisseau gothique ; les chapiteaux des colonnes et des pilastres qui supportent la voûte, sont ornés de sculptures offrant des figures grotesques et des animaux fantastiques. A la porte du chur on remarque les armes d'Urbain V. |
| Nasbinals |
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NASBINALS, ch.-l. de cant., à 12 lieues N.-O. de Marvejols. Pop. 1,214 hab. L'église de Nasbinals est remarquable par son clocher octogone ; on en fait remonter la construction au XIVe siècle, à l'époque où les Anglais occupaient le pays. |
| Saint-Alban |
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SAINT-ALBAN, à 9 lieues N.-N.-E. de Marvejols. Pop. 2,470 hab. Canilhac fut, jusque dans le XVIIIe siècle le siège d'une des baronnies du Gévaudan, qui fut transféré à St. Alban par lettres-patentes 1743 (ou 1748 ?). Le château de St.-Alban appartenait à la maison de la Morangiès ; c'est aujourd'hui une propriété départementale ou l'on a établi un hospice pour les femmes aliénées. |
| Saint-Chély-d'Apcher |
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SAINT-CHELY-D'APCHER, ch.-l. de cant., à 8 lieues N. de Marvejols. Pop. 1,651 hab. Cette petite ville qui pendant la révolution, fut le chef-lieu d'un district et le siège d'un tribunal est le centre du commerce des laines du pays ; elle est située au milieu des montagnes. A une lieue au nord, sur la partie du plateau qui parait en être le point culminant, on remarque d'énormes blocs de granit, empilés les uns sur les autres et plus au moins arrondis ; quelques-uns ressemblent à des meules de moulin, plusieurs de ses blocs ne touchent que par un point à ceux qui leur servent de base. Il en est qui sont placés en équilibre et qu'une pression légère suffit pour remuer, bien qu'il soit impossible de les déplacer. Les habitants du pays les appellent les Rochers de Lagarde nom du village le plus voisin. |
| Salmon |
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SALMON, sur la rive gauche du Lot, à 7 lieues S.-O. de Marvejols. Pop. 1,477 hab. L'église de Salmon a été bâtie aux frais du pape Urbain V ; on voit ses armes sur I'un des murs extérieurs. Un des villages qui dépendent de la commune de Salmon, Montjézieu était, antérieurement au XIVe siècle le chef- lieu d'une colonie juive ; il existe, dans d'autres hameaux voisins, à Booz, à Reilhes et à la Tieul, des tombeaux juifs creusés dans le rocher. Le pont sur le Lot qui conduit de Salmon à Montjézieu, est remarquable par l'ouverture et l'élévation de l'arche qui le forme. |